L'Observatoire du journalisme et du Droit à l’Information (OJDI) a organisé, mercredi 3 décembre 2025, à Tunis, son premier forum consacré aux libertés médiatiques. Cette première rencontre a été placée sous le thème : « Le rôle de l’État dans la garantie du droit constitutionnel à l’information ». L’événement a été organisé en partenariat avec le Syndicat national des journalistes tunisiens, avec le soutien du Programme d’appui aux médias en Tunisie PAMT II.
La rencontre a réuni des experts, universitaires et représentants de structures professionnelles du secteur des médias notamment le Syndicat national des journalistes tunisiens, le Conseil de la presse, la Fédération tunisienne des directeurs de journaux, ainsi que des représentants des médias publics, associatifs et des spécialistes en sciences de l’information, en droit public et en sciences politiques.
La rencontre a permis de mettre en lumière la responsabilité de l’État dans la garantie du droit du citoyen à une information libre, pluraliste et accessible. Les débats ont porté sur la relation entre l’État et le secteur des médias, les politiques publiques de régulation, ainsi que les mécanismes concrets permettant de garantir la liberté de la presse et l’accès à l’information.
Les participants ont examiné le cadre juridique régissant les libertés médiatiques en Tunisie, l’évolution de la tutelle étatique sur le secteur depuis l’indépendance, ainsi que les mutations profondes du paysage médiatique et les défis multiples qui l’assaillent aujourd’hui.
Les travaux ont été ouverts par le président de Media Development Center (MDC), Pr. Abdelkrim Hizaoui, qui a présenté l’objectif de cette série de rencontres : construire une vision participative du rôle de l’État dans la garantie du droit à l’information, tel que consacré par l’article 38 de la Constitution. Il a également présenté l’Observatoire du Journalisme et du Droit à l’Information, un projet porté par MDC visant à créer une plateforme dédiée à la défense des libertés de l'information en Tunisie.
Le président du Syndicat national des journalistes tunisiens, Zied Dabbar, a ensuite pris la parole, avant de céder la place à la conférence inaugurale animée par l’expert international en politiques publiques des médias, Dr Joan Barata-Mir. Ce dernier a exposé les standards internationaux de la gouvernance publique des médias, en s’appuyant sur plusieurs expériences comparées.
De son côté, le Dr Aymen Zaghdoudi a analysé le rôle de l’État à travers les décrets-lois 115 et 116 de 2011, piliers juridiques des libertés de l'information en Tunisie. Abdelkrim Hizaoui est ensuite revenu, dans une lecture critique, sur l’évolution de l’encadrement étatique du secteur des médias depuis l’indépendance.
La séance de l’après-midi a été consacrée aux interventions des institutions et organisations du secteur, avec des échanges autour de la place réelle de l’État dans la garantie du droit à l’information, entre discours officiels et pratiques de terrain.
Les travaux ont abouti à une série de propositions et recommandations concrètes en vue de l’élaboration d’une politique publique nationale des médias. Un chantier indispensable dans un contexte de fragilisation économique des entreprises de presse, de pressions politiques persistantes et de perte de confiance d’une partie du public.
En clôture, les organisateurs ont annoncé la tenue du deuxième forum au mois de juin 2026. Parmi les axes proposés figurent notamment les modèles économiques des entreprises médiatiques et la question de l'appui de l'Etat aux médias en tant que service public.










